2017

ILS RACONTENT LEUR MILLÉSIME

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Lundi 12 février 2018

Domaine le Nouveau Monde | Retrouvez son témoignage 2015 2014 2013 

Anne-Laure Borras : “Un millésime surprenant”.

Le domaine du Nouveau Monde compte 20 hectares qui sont en AOP Languedoc, IGP Oc et Vin de France.

Actu : le domaine a attaqué sa conversion en agriculture biologique en 2017.

Les vendanges se sont déroulées du 17 août au 26 septembre 2017.

Un cycle de sécheresse
L'hiver et l'automne ont été plus arrosés que l'année dernière. Ces réserves en eau, plutôt bonnes pour un millésime normal, ont été bénéfiques pour le végétal. Ensuite, de mai à octobre 2017, il n'est plus tombé une seule goutte d'eau. Les vignes ont malgré tout bien tenu. Mais comme elles avaient beaucoup souffert en 2016, les sorties ont été petites. Et certains cépages ont coulé, comme le grenache. Résultat : nos rendements sont très faibles, notamment en AOC sur les graves (entre 15 et 17 hl/ha), comme en IGP. Les volumes sont en baisse de 40%, comparativement à une année normale, et de 10% par rapport à 2016. Seule la sécheresse est responsable de ce déficit, car nous n’avons pratiquement pas été touchés par le gel. Nous avons eu de la chance et ne nous plaignons pas car à la veille des vendanges, contrairement à d'autres vignerons, nous savions que l'on allait pouvoir rentrer des raisins sur toutes les gammes. Par ailleurs, grâce à ce climat sec, la vigne n'a pas subi de pression sanitaire et les raisins étaient très sains. Comme nous sommes proche de la mer, un petit épisode marin nous a fait craindre de la pourriture qui a très vite été balayée par le vent du nord de septembre.

Une récolte sereine aux dates habituelles
On s'attendait à des maturités rapides sur les rouges. A la mi-août, la syrah semblait proche. Elle se goûtait très bien. On s'apprêtait à vendanger tôt. Mais finalement, elle a eu besoin d'un mois supplémentaire de maturation. Nous avons donc attendu pour attaquer la récolte qui s'est déroulée aux dates habituelles. Le seul fait étonnant à noter concerne le grenache. Malgré sa faible charge, il a été récolté avant le mourvèdre et après la syrah. Les vendanges se sont donc bien déroulées avec juste cette "bizarrerie" de maturité sur ce cépage.

Des jus aromatiques
En cave, contre toute attente suite à ce millésime de sécheresse, les degrés alcooliques étaient très raisonnables. Les raisins étaient parfaitement mûrs à 14°C. Les couleurs étaient belles, sans excès avec une aromatique importante, comme en 2016. En théorie, les étés chauds et secs n'amènent pas de vins aromatiques. En réel, depuis deux ans, c'est le contraire. Les jus sont très aromatiques. Ce n'est pas logique, mais c'est le vin ! Au-delà de cette belle aromatique sur les trois couleurs, les rosés et les blancs sont frais et sur la finesse. Les rouges sont moins concentrés qu'en 2016, mais ils sont plus sur la tension et la fraîcheur. Ce millésime, déroutant et surprenant à la vigne et à la cave, est qualitatif.

Les solutions : la pluie ou les cépages patrimoniaux
Maintenant, il faut qu'il pleuve. Nous subissons, sur notre secteur, un très gros déficit en eau. Nous ne pouvons pas irriguer. La seule solution est de se tourner vers les cépages méditerranéens. Nous avons déjà par exemple des mourvèdres et des grenaches qui, comme nous le constatons, réagissent beaucoup mieux que la syrah par exemple. Il faudrait peut-être planter des cépages encore plus méditerranéens comme les Grecs qui sont soumis à des conditions plus extrêmes depuis longtemps. On réfléchit, mais on espère malgré tout qu'il va pleuvoir.

Anne-Laure Borras-Gauch, vigneronne du domaine Le Nouveau Monde
(AOP Languedoc)