2016

ILS RACONTENT LEUR MILLÉSIME

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Vendredi 20 janvier 2017

Château Haut-Lignières |

Jérôme Rateau : “2016 est un millésime royal”.

Jérôme Rateau, le vigneron du château Haut-Lignières, gère 15 ha sur deux "îlots" en AOC Faugères. Sur un de ces îlots situé autour du village de Faugères, 3 ha sont menés officieusement en bio.
Actus : Jérôme Rateau bichonne le deuxième millésime en blanc de ses deux cuvées confidentielles "Empreinte carbone et Petites plumes" et s’apprête à célébrer les 10 ans de son domaine.


Les vendanges se sont déroulées du 13 septembre au 4 octobre 2016.


Une récolte idéale, mais des dates de vendanges compliquées
Nous n'avons pas eu d'hiver. Le froid est arrivé ...en avril ! Le printemps a été éprouvant. Avec du vent et de la pluie. Sans cesse.  J'ai du traiter la  forte pression mildiou, notamment sur la parcelle en bio, la nuit. J'étais épuisé. Cet été de sécheresse est arrivé comme une bénédiction. Car au niveau viticole, tout a été extrêmement simple à gérer.
A la veille des vendanges, l’état sanitaire était très bon. La seule difficulté du millésime a été le choix des dates des vendanges. Les vignes de mes deux îlots ont réagi différemment. La récolte a débuté le 13 septembre par les 3 ha gérés dans le respect de l’environnement. Ils sont situés à Faugères. Ensuite, il y a eu une longue pose. Les vendanges ont redémarré seulement le 26 septembre sur notre parcelle de 12 ha en conventionnels, située à Cabrerolles en hauteur sur les coteaux. Cet îlot, aux rangs plus larges non enherbés, a beaucoup moins souffert du manque d’eau, mais il a mis plus de temps à mûrir. On a vendangé à l’envers cette année sur certaines parcelles. Les syrahs dans l’ensemble, on eu un blocage de maturité. On a ramassé d’autres cépages plus tardifs entre-temps. Ce n'était jamais arrivé.


De bons rendements à Cabrerolles
Au global, je fais une très bonne année en termes de volumes. Mais avec une très forte disparité entre les deux îlots. A Faugères, les rendements ont chuté et atteignent à peine 20 hl/ha. A Cabrerolles, ils sont bons, et se situent entre 45 et 50 hl selon les parcelles.

Densité de plantation et courbes de niveau : deux facteurs prépondérants
Deux facteurs peuvent expliquer cette différence. En premier lieu, la densité de plantation. Sur la parcelle en conventionnel (Cabrerolles), la densité de plantation est moindre. Les rangs sont plus larges et ne sont pas enherbés. Ces vignes plantées larges sur les coteaux ont clairement moins subi la sécheresse.  Cette information se vérifie en discutant avec des vignerons autour de moi.  Habituées à souffrir, elles ont mieux résisté que les vignes plus denses. Ce type de plantation n’est plus à la mode. Pourtant, il est totalement adapté à notre climat. Notons par ailleurs que cet îlot d’un seul tenant est une plantation SAFER de 1971 en courbes de niveau. Avec  les 5 cépages de l'AOC Faugères : syrah, grenache, carignan, mourvèdre et cinsault. Au dessus de la bosse, les grenaches. Tout autour, les syrahs. Plus bas, les mourvèdres. Sur la face nord, les cinsaults. Ces courbes de niveau permettent de retenir l’eau. Le seul problème : ce type de plantation est compliqué à cultiver. Or, sans doute, cette année, elles ont également participé aux très bons rendements de cette parcelle.


L'autre îlot à Faugères même, est également sur des coteaux, mais la topographie est plus plate. Les pentes, modelées par l'homme il y a une trentaine d'années, ont été cassées en  terrasses. Par ailleurs, elles sont enherbées. Et les traitements ont peut être aussi été moins efficaces. Ici, les grains ont mûri plus vite, mais ils ont eu du mal à se développer.


Des jus magnifiques
En cave, le travail a été très simple. Toutes les fermentations se sont très bien passées.
Les raisins récoltés à très belle maturité ont des degrés moindres. Les jus sont très aromatiques et concentrés. L’équilibre est superbe sans être à 14,5%/vol. Naturellement ! C’est magnifique. Quel contraste avec 2015 ! L'année dernière, j'ai perdu 70% de ma récolte à cause de la grêle au mois de juin.  Personne n'en a parlé car l'orage a été très localisé.
In fine, malgré ce printemps compliqué et cet été de sécheresse, je signe pour des millésimes comme 2016, chaque année.  Vraiment royal !


Jérôme Rateau, vigneron du château Haut-Lignières
(AOC Faugères).