2016

ILS RACONTENT LEUR MILLÉSIME

<< Retour
  •  : "un vins bio de qualité dans notre région"
>> Contactez cette personne
Lundi 07 novembre 2016

SudVinBio |

Cendrine Vimont : "un vins bio de qualité dans notre région"

Le millésime 2016 restera marqué en région Languedoc-Roussillon par un climat très sec en période estivale. D’importants stress hydriques ont touché les secteurs les plus sensibles. A ces conditions, s’est ajoutée l’installation durable de fortes chaleurs fin août.
 
Les premières estimations de l’observatoire Sudvinbio sur la production* évaluent à 11% la baisse de récolte par rapport à 2015. Cette moyenne cache de fortes hétérogénéités entre les terroirs (voir carte ci-dessous). Le littoral des Pyrénées Orientales et la plaine de Béziers sont les secteurs les plus touchés (jusqu’à 50% localement dans le biterrois). Les Côtes du Rhône gardoises, à l’inverse, n‘ont pas été impactées.
 
Le manque d’eau dans les secteurs concernés a limité voire bloqué le développement des baies qui sont restées exceptionnellement petites cette année. On note localement quelques dessèchements sur les parcelles les plus stressées.  Sur le plan sanitaire, par contre, le millésime s’est montré très satisfaisant. La pression mildiou a été hétérogène bien qu’assez forte en juin sur les Pyrénées Orientales, le sud et l’ouest du Gard. La pression de l’oïdium est restée moyenne comme celle des tordeuses et du black rot en nette régression cette année.
 
Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, les maturités ont en général progressé régulièrement jusqu’à fin août. Ce n’est qu’avec l’arrivée de la canicule qu’on a noté une très forte accélération de la concentration dans les baies qui sont donc, cette année, saines et très colorées.

 Les vinifications en blanc et rosé révèlent en général des arômes fruités. On retrouve dans les vins une belle acidité. Concentrée dans les baies fin août elle s’est maintenue dans les vins, leur apportant de la fraicheur. Les collages en début de fermentation avec de la protéine de pois ou de la caséine ont rétabli les couleurs au niveau souhaité sur les blancs, qui présentaient des reflets sensiblement jaunes. L’année 2016 est un beau millésime pour les rouges : de la couleur et des tanins étonnamment souples, malgré le manque d’eau subi par la vigne.

Les cinétiques fermentaires sont assez diverses : on note des fermentations relativement longues sur les moûts concentrés et à forts degrés. D’autre part, il fallait être vigilant sur la maîtrise du niveau des populations de micro-organismes indigènes, assez élevé en sur les raisins vendangés avant les pluies. La gestion des micro-organismes indigènes reste un point de clé de la vinification en bio notamment avec le développement des stratégies de vinification sans sulfites ou avec réduction de sulfites à la vendange.  En bio, les professionnels soulèvent une nouvelle fois les impasses techniques sur la nutrition des levures en fermentation alcoolique des moûts à fort degré et régulièrement carencés dans le contexte climatique actuel !
 
En conclusion, un bilan 2016 en baisse par rapport à 2015 du point de vue du volume, mais, à ce jour, très réjouissant concernant la qualité des vins bio de notre région.
 
*Observatoire suivi depuis 3 ans à partir d’un panel de grands domaines sélectionnés parmi les adhérents Sudvinbio, présentant des surfaces > 40 ha
 
Sudvinbio remercie les œnologues-conseillers suivants pour leurs informations : Stéphanie Prabonnaud et Adeline Bauvard (Laboratoire Oenoconseil, Natoli & Co), Agnès Piperno (groupe ICV centre Pyrénées-Roussillon), Jean-François Vrinat (JF Vrinat Conseil) et Brice Abbiate (Gérard-Bertrand)


Cendrine Vimont - SudVinBio