2014

ILS RACONTENT LEUR MILLÉSIME

<< Retour
>> Contactez cette personne
Vendredi 05 décembre 2014

Le Point | Retrouvez son témoignage 2013 

Olivier Bompas : "Vendanges 2014 en Languedoc-Roussillon : la vigilance a payé !"

Les vendanges sont terminées, il était temps. Jean-Philippe Granier, directeur technique de l'AOC Languedoc, résume la situation : "C'est tout simplement un millésime à l'envers... avec un printemps chaud et sec et un été frais et pluvieux." Si l'on ajoute les récentes intempéries qui ont touché Montpellier et l'Hérault à partir de la mi-septembre, le tableau est complet ! "C'est le millésime de la précision, poursuit Jean-Philippe Granier, à commencer par le travail à la vigne, il a fallu composer sans cesse avec la météo, au niveau des traitements comme pour les vendanges." Au moment des pluies diluviennes qui se sont abattues sur le département les 17 et 18 septembre, un peu plus de la moitié des volumes était déjà dans les caves, et lors du second gros épisode cévenol du 28 au 30 septembre, il restait à ramasser environ un quart des raisins. On parle là de moyenne, car certains vignerons qui avaient fait le choix d'attendre, pariant sur le retour d'un temps plus clément, ont dû vendanger jour et nuit pour sauver ce qui pouvait l'être. Alain Chabanon est vigneron à Lagamas dans la zone des Terrasses-du-Larzac : "Ici, nous sommes dans une zone de maturité plutôt précoce, quand les premières pluies de septembre sont arrivées, on avait rentré 85 % de la vendange dans de très bonnes conditions. Cela dit, nous avons vécu une année incroyable, à cause de la sécheresse terrible du printemps, puis de l'été très pluvieux, la vigne a très peu travaillé jusqu'en juin. Puis on a vu pousser des sarments jusqu'au mois de septembre, deux mois de plus qu'une année normale..."

Globalement, la syrah semble être le grand gagnant de ce millésime, avec des vins "dans la finesse et la fraîcheur, très digestes, sans le goût parfois un peu caricatural de caoutchouc brûlé, ça donne envie de boire..." s'amuse Jean-Philippe Granier : "Le problème majeur cette année, ce sont les grenaches. Il y avait de gros volumes, ceux qui avaient éclairci en amont en faisant tomber des raisins ont sauvé leur récolte, mais il a fallu trier sévèrement, beaucoup de grenaches feront du rosé." Les carignans comme les cinsaults sont quant à eux de bonne qualité, bien que parfois un peu dilués.
 
 
D'est en ouest, des différences notables

Dans une région aussi vaste que le Languedoc, il est important de tenir compte des grandes disparités entre les différentes parties du vignoble. Si la zone gardoise a reçu d'importantes quantités de pluie tout au long de l'été, les terroirs de La Clape ou de Pézenas, par exemple, ont été épargnés, tout comme l'appellation corbières, dans le département de l'Aude, où les premières dégustations à la cuve laissent envisager un millésime de bon niveau. Stéphane Roux, directeur du cru minervois, autre appellation audoise, tire un premier bilan : "Nous avons eu très peur avec le gros épisode de grêle du 6 juillet, se souvient-il, malheureusement il y a eu des dégâts importants dans la zone des IGP, les vins de pays, mais par chance la partie AOC minervois a été épargnée. Ensuite, on peut dire que ça s'est bien déroulé. Le plus compliqué, c'est de gérer l'humidité sur des millésimes comme cette année, mais ici nous avons beaucoup de vent du nord. Après quelques jours d'entrées maritimes, il se met à souffler, il sèche tout et il assainit le vignoble."

En Roussillon, comme partout dans la région, l'été en demi-teinte fait dire à Yves Zier, responsable de la communication du CIVR (Conseil interprofessionnel des vins du Roussillon), que : "2014 sera à classer parmi les fameux millésimes de vignerons. Il fallait être vigilant, mais nous n'avons pas eu à déplorer de gros cataclysme climatique. Alors, dans l'ensemble, la qualité est au rendez-vous." La quantité aussi, ramenant la récolte à des volumes d'année normale. Avec globalement moins de soleil sur l'ensemble de la campagne, les vins s'annoncent de concentration et de garde moyennes, mais déjà très gourmands. "Dans l'air du temps !" résume Yves Zier, avec de belles réussites annoncées du côté de maury, appellation historiquement dévolue aux vins doux naturels, et qui produit désormais des vins rouges secs.


Olivier Bompas - Journaliste
[Source : Le Point - Publié le  18/10/2014]