2014

ILS RACONTENT LEUR MILLÉSIME

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Mercredi 10 décembre 2014

Les Celliers d'Orfée | Retrouvez son témoignage 2016 

Christophe Groppi : "Le millésime de l'espoir".

La cave coopérative Les celliers d'Orfée rassemble 170 coopérateurs qui ont produit 54 000 hl en 2014, vendues majoritairement au négoce. Les vins, principalement en rouge, sont à 40% en appellations Corbières, Corbières Boutenac, Languedoc et 60 % en IGP dont l'IGP Aude. 90% sont vendus au négoce. En termes de chiffres d'affaires, 20% sont vendus embouteillés en direct.

 

Les vendanges se sont déroulées du 27 août au 8 octobre 2014

 

 Des vendanges longues

Les conditions météorologiques de cette année ont été particulières.  Nous n'avons pas eu de pluie cet hiver et ce printemps. Nous étions en période de sécheresse. Le 27 mars, les bourgeons ont gelé. 2014 s'annonçait critique en termes de volumes. Nous sommes passés à côté de l'épisode de grêle du 6 juillet. Nous avons eu la chance d'avoir juste 60 mm de pluie qui a permis à la vigne de respirer un peu. Nous sommes arrivés début juillet avec une précocité  des maturités de l'ordre de deux à trois semaines théoriques. L'été n'a pas été très chaud mais nous avons quand même débuté la récolte un peu plus tôt. L'état sanitaire était bon. Comme nous avons échappé à la grêle, les vignes n'ont pas eu de plaies. Nous avons eu très peu d'eau donc nous n'avons pas eu de mildiou et de botrytis. Nous subissons la sécheresse chaque année. Les vignes sont plus résistantes car leurs racines sont habituées à aller chercher l'eau en profondeur. Tout c'est bien passé pour les cépages précoces comme le merlot et la syrah. En revanche, pour les cépages tardifs, nous avons du arrêter trois jours et attendre les maturités sur les carignans, grenaches, mourvèdres et cabernets. Nous avons subi  à ce moment là, un épisode pluvieux qui nous a retardés de nouveau. Les vendanges ont donc été longues mais nous avons eu les maturités sur l'ensemble de nos cépages. Nous sommes passés au travers de  tous les problèmes climatiques. Et au final, nous avons une récolte supérieure de 8% par rapport à 2013 avec des rendements moyens d'environ 53hl/ha.

 

Le meilleur millésime depuis cinq ans

Les vinifications se sont très bien passées. Nous n'avons pas eu de problèmes spécifiques. Elles ont juste été un peu plus longues afin d'avoir toute la matière phénolique souhaitée. Les syrahs par exemple, sont restées trois semaines en macération. Nous avons beaucoup de couleurs même sur les grenaches. Nous avons travaillé les tanins pour arrondir les vins. Les degrés sont dans notre norme, entre 13,5 et 14,5°. L'équilibre est bon. Et la bonne nouvelle est que tous les cépages tardifs sur lesquels nous avions des doutes, se dégustent très bien. Les carignans sont excellents. C'est notre meilleur millésime de ces cinq dernières années !

 

Une valorisation qui redonne espoir

Nous n'avons pas eu de répit entre les vinifications et le démarrage de la campagne 2014/2015. Le marché a voulu déguster très tôt. A ce jour, la plupart des vins sont soit réservés soit vendus. C'est exceptionnel. Nous avons la chance d'être dans une zone qualitative et de pouvoir produire les vins demandés par nos clients : rondeur, fruit, pas de tanins secs, pas de sécheresse, pas d'amertume...Nos prix ont augmenté comme le marché de 10€ en moyenne par hecto. Pour les appellations, nous serons au-dessus de la barre symbolique des 100 € et pour les IGP Aude, entre 75 € pour la base et jusqu'à 87 € pour les plus qualitatifs. Chaque année devrait être comme ce millésime. L'enjeu est vital. Nous avons perdu, entre 2006 et 2012, la moitié de notre surface de production. On a un problème de renouvellement des associés coopérateurs car jusqu'à présent le chiffre d'affaires était trop bas pour être rentable à minima. Aujourd'hui, dans cette configuration, nous pouvons espérer intéresser de nouveaux viticulteurs, jeunes ou non. Ces niveaux de prix - qui correspondent aux prix pratiqués il y a quinze ans - permettent de penser à l'avenir. L'espoir est mince car nous sommes fortement liés aux marchés mondiaux mais il est là. Il faut que ça dure !

 

Christophe Groppi, directeur de la cave coopérative Les celliers d'Orfée 

(Appellations Corbières, Corbières Boutenac, Languedoc et IGP Aude.)