2013

ILS RACONTENT LEUR MILLÉSIME

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Mercredi 12 février 2014

Domaine de L'Ancienne Mercerie | Retrouvez son témoignage 2017 2016 2015 2014 

François Caumette « 2013 est propice à notre style de vins : tout en tension et en finesse »

Le domaine de l'Ancienne Mercerie compte 16 hectares en appellations Faugères et Languedoc, entièrement cultivées en agriculture biologique par ses propriétaires, François et Nathalie Caumette.  François Caumette témoigne sur un millésime 2013 où les vins se distinguent par leur fraîcheur et leur finesse sans qu'on oublie trop vite des millésimes antérieurs qui sont aussi des réussites.

 

2013 : pas d'affolement à la vigne

« En 2013, en Languedoc, nous avons eu sur l'ensemble des régions française l'avantage indéniable du climat. Nous avons cependant eu le même printemps froid et humide qu'ailleurs, avec d’importants phénomènes de coulure, en particulier sur le grenache et sur les parcelles les plus argileuses. Sur notre parcelle la plus argileuse, plantée en grenache, nous avons par exemple récolté 12 ou 15 hl sur 1,5 hectare ! En contrepartie, la coulure nous a peut-être évité de plus gros dégâts de pourriture en aérant les grappes!

Le fait d'être en bio ne nous a ni compliqué ni simplifié la vie, si ce n'est que cela a rendu le travail des terres et la gestion de l'enherbement un peu plus complexe au plus humide du mois de mars. Le printemps et le début de l'été sont restés froids jusqu'en juillet, ce qui a écarté une partie des inquiétudes sur la surmaturité. Les vendanges ont été annoncées partout comme très très tardives, nous avons commencé mi-septembre avec une dizaine de jours d'avance alors que nous débutons d'habitude autour du 28 août. Nous avons fini le 1er octobre, juste avant les grosses pluies qui sont arrivées ensuite. »

 

A la cave : des surprises dans les baies

« A l'arrivée nous n'avons pas eu de catastrophe sanitaire ni de problème de sous- ou sur-maturité. Nous avons rentré des raisins sains, à un rendement dans la norme : les pertes dues à la coulure sur le grenache ont été compensées par de très jolis carignans et de très jolis mourvèdre et nous sommes dans notre moyenne habituelle de 25 hl/ha, en gros. A ce niveau de rendement, nous ne craignons pas d'avoir le stress des vignes chargées qui ne mûrissent pas, au contraire ! Comme tous les ans aussi, nous avions des degrés : la première cuve que nous avons rentrée contenait des grenache à 16°, la seconde, des syrah à 15°, ce dont nous avons l'habitude.

En revanche, nous avons été plus surpris par les acidités très élevées qui sont ensuite rentrées dans l'équilibre global des vins.

Côté vinification, ce fut rapide et net, la fermentation alcoolique s'est faite vite et bien de bout en bout, sans sucres résiduels (en comparaison, nous avions eu beaucoup plus de difficultés en 2011 où la fermentation alcoolique s'était interrompue fin décembre avec des sucres résiduels) et sans trop de volatile. La fermentation malo-lactique s'est enclenchée toute seule dans la foulée.

 

Arômes floraux et matière profonde

Quand on goûte les vins maintenant, ils sont bons et prometteurs, avec beaucoup de fraîcheur, aucune lourdeur, ce sont des vins tendus, qui correspondent à ce que nous recherchons, à l'Ancienne Mercerie. C'est pourquoi nous vendangeons tôt tous les ans, nous avons toujours cette tension qui accompagne une belle concentration de matière et des tanins présents. Nous pilotons les extractions dans le but d'obtenir ce grain dense de tanins qui tiennent bien l'alcool.

Mais en 2013, nous trouvons dans les vins un surcroît de finesse aromatique que nous n'avions pas les années précédentes, qui se manifeste par des arômes floraux de violette sur des rouges puissants. »

 

N'oublions pas les réussites des millésimes antérieurs !

« Le millésime 2013 est un beau millésime en Languedoc, c'est indéniable. Cependant, le fait qu'il soit réussi alors qu'il est désastreux dans les autres régions de France ne doit pas nous priver de toute objectivité à son égard. Ni nous faire oublier qu'il y a des réussites sur des millésimes antérieurs et je pense notamment à des millésimes denses comme 2010, même s'il a mis du temps à se mettre en place, mais aussi  2012 et avant eux 2007. Dans un tout autre registre, 2011 n'a pas eu bonne presse à sa sortie, la presse s'est acharnée sur un millésime jugé trop productif alors qu'il a ensuite été reconnu pour ce qu'il est : un millésime séduisant, croquant, facile à boire. Dans nos vins les fermentations ont traîné, il restait des sucres résiduels qui ont ajouté à leur séduction. »

François Caumette - Domaine de l'Ancienne Mercerie

(AOC Langueodc, AOC Faugères)